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Historique

Blason Bourgade fortifiée de l'ancienne Provence, le nom de Cabriès est probablement dérivé de "cabre" (chèvre en provençal) puisque d'importants troupeaux vivaient ici jusqu'au siècle dernier. Une chèvre fait d'ailleurs partie de ses armoiries : "D'or à un chêne de Sinople (vert) et une chèvre de gueules (rouge) rampante contre le pied de l'arbre".  Le village se nomma successivement "Castrum de Cabriera" au IXème et Xème siècles puis "Caprario" en 1098 et encore "Cabrer" en 1204 pour enfin s'appeler "Cabriès".

Les Ligures étaient certainement établis sur notre territoire, comme en témoignent les vestiges du Baou Rous à Bouc-Bel-Air, un des très nombreux "oppida" érigés aux alentours. De même, les Celtes arrivés massivement dans la région, s'installèrent à Entremont et à Velaux. Plus tard, nos ancêtres subirent l'occupation romaine et notre terroir en a gardé de nombreuses traces : vestiges de villas gallo-romaines à Calas, Trébillane, la Guérine, tuiles romaines, briques et autres objets courants ont été découverts dans le sol. La voie Aurélienne, reliant Massalia (Marseille) à Apta Juliae (Apt), bifurquait vers Aquae Sextia (Aix) ou Fossae Maritimae (Fos-sur-Mer) au carrefour de Calcaria (Calas). Notre histoire, jalonnée d'invasions et de conquêtes, fait de Cabriès une terre riche de contrastes et de métissage.

Dès le Vème siècle, débutèrent les invasions barbares. Pour s'en défendre, les populations allèrent chercher refuge sur les hauteurs et construisirent leurs villages sur des pitons rocheux. C'est le cas de Cabriès où un Château, sans doute en bois à l'origine, fut construit sur le "Piton". Ce Château fut remplacé par une place forte en pierres vers le IXème siècle. Le village primitif, bâti au pied du château sur le côté Ouest, était entouré de hautes murailles percées de deux portes ogivales fortifiées.

En 1098, les archives de la célèbre Abbaye de Saint-Victor de Marseille mentionnent la possession d'une Église paroissiale de "Caprario". En 1200, on trouve également trace de l'existence ancienne d'un "Castrum de Cabriera", comprenant des maisons d'habitation, un Château et un centre religieux.

Le plus ancien titre connu date de 1237 : il s'agit d'un acte de vente du Fief et du Château de Cabriès au Comte de Provence Raymond Béranger V par un riche banquier de Marseille. Les seigneuries de Cabriès et de Trébillane ont par la suite appartenu successivement à des grandes familles comme celles des Porcelet entre 1250 et 1311, des d'Agoult entre 1311 et 1476, et des Vintimille du milieu du XVème siècle, sous le règne du Bon Roi René, jusqu'à Henri IV.

Les guerres de religion mouvementèrent la Provence et furent à l'origine de la Sainte-Union, ligue s'opposant à l'établissement de l'hérésie. Au lendemain de ces terribles conflits, Henri IV, alors converti, donna la seigneurie de Cabriès à un écuyer de Marseille, Orso de Cipriani en 1598.

En 1612, Gaspard de Vintimille vendit à ce même homme les terres et la seigneurie de Trébillane. Orso de Cipriani était alors propriétaire d'un vaste domaine. Mais quelques générations plus tard, un de ses descendants cédera la seigneurie de Cabriès à la famille des Maurelet de la Roquette (1738-1790) alors que la seigneurie de Trébillane sera successivement propriété des sieurs Boyer et Dauphin avant d'être cédée à la famille de Villeneuve Esclapon.  En 1720, la peste décime la région mais curieusement épargne Cabriès. De nombreuses légendes sont nées de cette exception miraculeuse. Ainsi, on raconte qu'un couple de pestiférés s'acheminant vers le village, fut foudroyé à la hauteur du portail Saint-Martin avant d'entrer dans le village. Eperdus de reconnaissance, les habitants de Cabriès décidèrent de remplacer le petit oratoire dédié à Saint Roch par une chapelle plus vaste, réalisée en 1725. L'histoire des Seigneurs de Cabriès se termine à la Révolution où les propriétés furent confisquées et vendues à divers particuliers.

Le camp américain

Tout autour de Cabriès, en ces années 1944 et 1945, l'U.S. Army a organisé des bases de "transit" pour poursuivre son action dans la guerre contre l'Allemagne après le débarquement en Provence : le 15 Août 1944. La plus importante réalisation a été l'U.S. Army Calas Staging Area ou plus communément nommée par les habitants de la région "le Camp Américain". Situé sur le plateau de l'Arbois aux confins des communes d'Aix en Provence, Cabriès et Vitrolles, ce camp a été, dès octobre 1944, utilisé comme bivouac pour les troupes de l'U.S. Army assurant la relève des unités ayant débarquées en Provence. Cette énorme organisation a joué son rôle pour la phase du redéploiement, c'est à dire le stationnement, l'équipement, l'entraînement des GI's qui étaient désignés pour poursuivre la guerre contre le Japon, quand peu à peu la guerre en Europe se terminait.

Un peintre au Château 

En 1934, le peintre Edgar Mélik découvre le Château de Cabriès et le rachète morceau par morceau pour s'y installer. Il y meurt tragiquement en 1976. La municipalité acquiert alors le Château. Elle le restaure et crée le Château-Musée Edgar Mélik où de nombreuses expositions sont organisées chaque année. L'église Romane de Cabriès, Sainte-Marie de la Nativité, située au pied du Château, date du XIIème siècle et fut restaurée en 1954 sur une proposition de l'Abbé Joseph Rey. Elle a encore bénéficié très récemment de travaux de rénovation. La messe de Noël y est célébrée chaque année dans la pure tradition provençale. Quelques coups d'œil s'imposent pour les spécialistes sur le triptyque du XVIème siècle et le retable en bois doré du XVIIème siècle.